Catherine Albrech

Catherine Albrech

A propos de Catherine Albrech

Confidences de l’artiste

La peinture est ma raison de vivre. Je vois les personnes, le monde, les objets, les décors, les sites à travers le mode d’expression de la peinture, de la couleur, de mise en palette sur la toile. Par exemple pour un paysage : un détail m’interpelle comme une frise italienne faites de motifs floraux. Il y a la texture de la frise, ses couleurs, formes et motifs. Alors je pense : est-ce que cette idée de frise serait bien à mettre sur une toile ? ou pas ? Utiliser le meilleur matériau vu pour le transcrire sur la toile. Sélectionner en permanence à travers un tamis. Ce qui restera, c’est ce qui se retrouvera sur la toile.

Et pour les portraits ? C’est le même processus, mis à part qu’il concerne les expressions du visage. Je suis fan d’expressions : la joie, la découverte, l’étonnement, la surprise, le contentement, l’attente, la sérénité … et tant d’autres encore. La palette des expressions est infinie. De même, les textures et couleur de peau : quelle belle variété ! Heureusement pour moi que nous ne sommes pas tous blancs de peau… C’est un cadeau pour un peintre que de faire le portrait des gens de toutes couleurs.

Pour un portrait, je me pose les questions suivantes : quelle expression du visage me parle le plus aujourd’hui ? Quel âge aura la personne peinte ? Homme ou femme ou enfant ? Que fait-il ? Que pense-t-il ? Quel est son passé ? Où vit-il ? Que vit-il ? A quoi rêve-t-il ? Ce sont quelques-unes des questions. Auxquelles je réponds. Quand j’ai toutes les réponses, je peins. Je prends toujours un modèle. Puis je peins. La personne apparaît sur la toile au fur et à mesure des coups de pinceaux. Elle se met à exister. A vibrer. Nous dialoguons. Son visage change, bouge. Quand la toile est finie, la personne peinte est prête à nous communiquer son message.

Au final, que font tous ces éléments choisis avec soin ? Au fond de moi, j’aimerais que cela fasse une belle toile, harmonieuse ; ensuite, que le spectateur ressente une émotion somme toute simple comme : oui, je connais cette personne, je la reconnais. Ou, pour un paysage, oui, je connais ce paysage, je le reconnais. C’est un peu comme du « déjà-vu ». Je peins un portrait. Cinq ans après ou dix ans après, je vois la personne à la télé ou dans un livre ou sur internet. Elle existe réellement. Seulement, je l’ai anticipée. Ou désirée. Ou simplement « pré-vue ».

Pour moi, le choix des titres des tableaux est important. Il faut qu’il sonne juste, qu’il soit le lien entre ce qu’on voit et ce qu’on ressent en regardant la toile, mais aussi qu’il donne une perspective sur l’avenir.

Vous avez deviné, j’aime l’art figuratif. Et aussi coloré, multiculturel. Un art qui parle de et à notre être profond, en vérité. Nous courons tous après le bonheur, une des clés pour l’atteindre est d’être authentique, sincère. Plutôt «  être » qu’ « avoir ». C’est de cela que parle ma peinture.